
Ouakam, un village lébou très particulier avec ses Deux Djarafs. L’un des dignitaires de ce fief sis à Dakar nous a accueilli chez lui pour discuter de la question.
Djaraf Youssou s’est entretenu avec la rédaction de Bargnysurlenet.blogspot.com.
Djaraf Youssou Ndoye Présentez-vous ?
Je suis le Djaraf de Ouakam. Je suis un petit fils de Alioune Ndoye le fondateur du village Ouakam, le petit fils de Bandi Ngoné Sanou de Rufisque.Je pouvais être Djaraf à Bargny ou à Rufisque. Dieu a fait que je sois intronisé comme Djaraf de Ouakam par ma famille paternelle .J’ai su que j’allais devenir Djaraf 18 ans avant mon intronisation. On m’appelle souvent le Djaraf de Cap Vert. J’ai même entendu que le Djaraf Mbaye Nguirane de Yoff me surnomme le Djaraf du Sénégal
Pouvez vous revenir sur l’histoire de Ouakam ?
Ouakam fut fondé en 1600.Le titre de Djaraf a existé depuis 1432 donc bien avant ce village.
A sa création en 1600, Ouakam avait besoin d’être dirigé d’où l’investiture de son premier Djaraf. Les dignitaires lébou de cette contrée ont marqué l’histoire du Sénégal. Pour rappel, mon père Djaraf Birame Ndoye avait accueilli Senghor en 1973.Le Djaraf Mbor Ndoye a inauguré le phare des Mamelles et j’en ai fait de même pour le monument de la renaissance.
A sa création en 1600, Ouakam avait besoin d’être dirigé d’où l’investiture de son premier Djaraf. Les dignitaires lébou de cette contrée ont marqué l’histoire du Sénégal. Pour rappel, mon père Djaraf Birame Ndoye avait accueilli Senghor en 1973.Le Djaraf Mbor Ndoye a inauguré le phare des Mamelles et j’en ai fait de même pour le monument de la renaissance.
Pourquoi le village de Ouakam compte deux Djaraf en exercice ?
C’est une histoire très ancienne .Mon grand père avait invité les Ndiayene et le Ngueyene à venir s’installer à Ouakam.Il arriva un moment où les Ndoyene ne voulaient plus être juges et parties. Ainsi mon grand père confia le titre de Djaraf à ses cousins de Ndoyene. Mais c’est au moment où la famille Ndoye a voulu récupérer son titre qu’éclata le problème.Pourtant j’ai des grands frères, mais ils savent que c’est moi qui devais être Djaraf de Ouakam. Donc ce titre n’est pas donné à n’importe qui.
Peut on dire que le titre de Djaraf c’est une fonction qui génère beaucoup de privilèges ? Apparemment Djaraf vous vivez bien.
Le Djaraf c’est l’esclave de sa communauté. Je bénéficie quant même du soutien de ma famille et de mes amis. En tant que Djaraf, ma famille ne va pas accepter que je vive dans certaines conditions.
Quel est le Djaraf reconnu par L’Etat ?
L’Etat, c’est l’Etat. Il peut s’adresser à l’autre Djaraf comme il peut s’adresser à moi. Ça dépend de ses intérêts. En tout cas une chose est sûre, n’importe qui ne peut pas devenir Djaraf. Il est nécessaire d’avoir une certaine élévation spirituelle pour mener à bon port la collectivité Lebou.
Quelle est la valeur que les autorités Étatiques du Sénégal accordent à la coutume ?
Dans les autres pays comme l’Allemagne, les autorités coutumières ont toujours bénéficié d’un certain privilège alors que c’est tout a fait le contraire au Sénégal. Le lebou n’a pas de roi car tous les Lébous sont des rois. Tu n’as jamais vu un lebou devant les feux pour tendre la main. Les Lébous sont des nobles.Certains présidents du Sénégal ont du respect pour la coutume, c’est le cas de Léopold Sedar Senghor et de Abdou Diouf .Contrairement aux deux premiers Présidents, Maitre Abdoulaye Wade n’avait pas beaucoup de considération pour les dignitaires Lébous. Il l’a fait un peu tardivement.Pour le nouveau régime, nous espérons que ce sera autrement. D’ailleurs la délégation qui vient juste de quitter la maison avait été envoyée par le nouveau ministre de la culture et du tourisme, Youssou Ndour. Lui au moins il connait les réalités puisqu’il est de Dakar.
Pourquoi attribue t on souvent les litiges fonciers aux lébous ?
La terre c’est la vie. Nous sommes les principales victimes dans tous ces litiges qui atterrissent souvent au Tribunal. Vous êtes sans savoir que même le prophète, avant de construire sa mosquée avait belle et bien demandé a qui appartenait la parcelle. Nous sommes victimes de forcing. Certaines autorités sans scrupule n’hésitent pas souvent à aller jusqu’à changer nos numéros de parcelle pour s’en approprier.
Bargnysurlenet.blogspot.com vous remercie.
Merci et que la paix soit sur notre cher pays qui est le Sénégal. L’état doit être du coté des dignitaires .Nous allons tout faire pour que le pays soit stable et nous ne serons jamais contre un gouvernement.
Pour avoir reçu cette même éducation,et m'être intéressée à notre Histoire,je suis aujourd'hui très émue,à la lecture de cette interwiew,du DJARAF DE OUAKAM , DJARAF YOUSSOU NDOYE.Beaucoup de sagesse,de noblesse dans ses propos,et de bons conseils,pour que puisse se perpétuer nos traditions!Respect!
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